FJK 061

Bronzino (Agnolo ou Allori Angelo di Cosimo dit) (1503-1572)

La Rencontre de Joseph et de son père Jacob en Egypte (modèle pour une tapisserie)

Vers 1546-1553
695 x 531 mm

Médium
Plume et encre brune, pinceau et lavis de brun, jaune-brun et violet-mauve rehaussés
de gouache blanche sur traces de fusain sur papier préparé mauve.
Le dessin a été exécuté sur trois feuilles de papier assemblées dont un fragment sur la partie droite.

Provenance

Galerie Samuel, Londres, Petty France
Collection Paul Ayshford Methuen, 4e Baron Methuen (vers 1925)
Collection Methuen, Corsham Court, Wiltshire
Vente Sotheby's, Londres, 3 juillet 1996, lot 10
Collection Jan Krugier, Monaco, JK 5378
Fondation Jan Krugier

Bibliographie

ADELSON Candace J., cat. expo. Palazzo Vecchio, Florence, Firenze et la Toscana dei Medici nell'Europa del Cinquecento, 1980, Committenza e collezionismo medici, p. 62, mentionné sous le n° 96.

McCORQUODALE Charles, Bronzino, Ed. Jupiter Books, Londres 1981, p. 103, illustration p. 112, pl. 72.

ADELSON Candace J., The Tapestry Patronage of Cosimo I de' Medici, 1545-1553, Ph.D. diss., New York University, 1990, Vol. 2, p. 387, sous le n° 26, fig. 120.

McCORQUODALE Charles, Bronzino, London, 2005, p. 122, pl. 85.

PILLIOD Elizabeth, Method and Practice in Bronzino's Drawing Modes : From Study to Modello, Artibus et Historiae 27, 2006, pp. 99, 110, 122, 124, n° 19, fig. 4.

BAMBACH Carmen C., COX REARICK-Janet, GOLDNER George R., The Drawings of Bronzino, Yale University Press, New Haven & London, 2010, cat. 41, p. 174; reproduction couleur p. 175.

Expositions

Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin - Preussischer Kulturbesitz, Berlin, Linie, Licht und Schatten. Meisterzeichnungen und Skulpturen der Sammlung Jan und Marie-Anne Krugier-Poniatowski, 29.05-01.08.1999, cat. 22, p. 58; reproduction couleur p. 59.

Peggy Guggenheim Collection, Solomon R. Guggenheim Foundation, Venise, The Timeless Eye. Master Drawings from the Jan and Marie-Anne Krugier-Poniatowski Collection, 03.09-12.12.1999, cat. 31, p. 76; reproduction couleur p. 77.

Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid, Miradas sin Tiempo. Dibujos, Pinturas y Esculturas de la Coleccion Jan y Marie-Anne Krugier-Poniatowski, 02.02-14.05.2000, cat. 26, p. 82; reproduction couleur p. 83.

Musée Jacquemart-André, Paris, La Passion du Dessin. Collection Jan et Marie-Anne Krugier-Poniatowski, 19 mars - 30 juin 2002, cat. 28, p. 80; reproduction couleur p. 81.

Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung, Munich, Das Ewige Auge - Von Rembrandt bis Picasso. Meisterwerke aus der Sammlung Jan Krugier und Marie-Anne Krugier-Poniatowski, 20.07 - 07.10.2007, cat. 34, p. 84; reproduction couleur p. 85.

The Metropolitan Museum of Art, New York, The Drawings of Bronzino, 20.01-18.04. 2010, cat. n° 41, p. 174; ill. coul. p. 175.

Notes

Notes (1)

Ce dessin sera reproduit dans le catalogue raisonné sur l'oeuvre de Bronzino, en préparation sous la direction de Lea Mendelsohn.

 

Notes (2)

Le livre de la Genèse relate comment Joseph, vendu aux Egyptiens par ses frères, utilise ses dons pour éviter une terrible famine et est couvert d’honneurs. Bronzino représente la rencontre entre Joseph et son père Jacob, ses fils à ses côtés.

Entre 1546 et 1553, Cosme de Médicis commande un cycle de vingt tapisseries pour la Sala dei Duecento du Palazzo Vecchio de Florence. Huit ans auparavant, il a pris le pouvoir à Florence et est devenu l'un des plus puissants hommes d'état du XVIe siècle. Il s'agit de la plus importante commande depuis celle des cartons de tapisseries de Raphaël pour la chapelle Sixtine. Le choix du sage Joseph avait été fait afin de glorifier Cosme lui-même. Aujourd'hui les tapisseries sont réparties entre le Palazzo Vecchio et le Palais du Quirinale à Rome.

Au lieu de confier l'exécution des tapisseries à l'étranger, Cosme fait venir deux tisserands néerlandais afin de développer un artisanat local. Bronzino remet seize dessins, son maître Pontormo trois et Salviati, un seul. Aucun de ces cartons n'est parvenu jusqu'à nous et lorsquel’on observe la précision des dessins préparatoires, on peut se demander s’ils étaient nécessaires.

Cet ensemble constitue le point culminant de la carrière de l'œuvre dessiné de Bronzino et la feuille [Fondation Jan Krugier] est très certainement la plus magnifique, par sa taille, l’audace de  sa composition et le traitement inégalé réservé à chaque figure. Elle fut de tout temps considéére comme un chef-d’oeuvre. C’est Michael Hirst, du Courthauld Insitute, qui fait le lien en 1967 avec la série de tapisseries (lettre de Cristina Romalli, 8 juillet 1996, archives [Fondation Jan Krugier].

Comme c'est le cas pour les autres études préparatoires conservées à Berlin, à l'Ashmolean et à Christ Church (Oxford), aux Offices et au British Museum (les projets de bordures), la composition est inversée par rapport aux tapisseries mais les différences de composition quasi infimes.

Cette série comprend les plus importantes innovations de Bronzino. Le premier plan est dominé par une construction de puissantes figures alors que l'arrière-plan est enrichi de détails architecturaux élaborés. La richesse des positions des figures principales et les différents points de vue qu'ils entraînent, témoignent de la brillante maîtrise de l'artiste, qui annonce ainsi le maniérisme florentin. En avançant de manière impétueuse sur la gauche, le frère de Joseph sert de contrepartie au dompteur de chevaux à droite. Les attitudes particulièrement compliquées étaient explicitement recommandées par les théories de l'époque.

La profusion d'ornements, la multitude de mouvements pourraient éclipser le récit de la scène, mais l'artiste utilise les rehauts de blanc pour isoler les quatre figures du premier plan et attirer sur elles notre attention. Malgré leur modelé, les personnages au premier plan paraissent plats et semblent sortir d'une frise. L'extraordinaire précision du trait n'est pas sans rappeler celle des gravures et le contour parfaitement maîtrisé des figures est caractéristique du style du Bronzino, digne héritier du disegno italien, à l'inverse de Titien qui modelait ses formes par la couleur.

A certains endroits, des repentirs éclairent le processus créateur du maître, comme l'illustre le contour du dompteur de chevaux. La restauration de la feuille exécutée par Véronique Strasser en 1997 en a amélioré la lisibilité. En 1971, ce dessin était inconnu de Smyth lorsqu’il rédigea sa monographie de l’œuvre dessiné du Bronzino, mais il défendit de manière décisive l’attribution à Bronzino d’un dessin préparatoire des Offices (pp. 21-24).

Matthias Weniger, La Passion du Dessin, Musée Jacquemart-André, Paris 2002, op. cit. p. 80

Demande d'information/de prêt

La Fondation Jan Krugier se consacre au rayonnement de la collection de dessins en prêtant régulièrement des œuvres pour des expositions. Les demandes de prêt devront comporter une présentation complète du projet.