FJK 002

Bandinelli Baccio (1493-1560)

Nu masculin assis et études de mains (recto)
Etude de nu masculin debout (verso)

ca. 1530 (?)
382 x 218 mm

Médium
Plume et encre brune sur papier (recto-verso)

Signé "Baccio Bandinelli" en bas, à droite.
Ancienne numérotation en haut, à gauche (XIXe siècle ?).
Annotation d'une main anonyme "Bandinelj Caual" au verso.

Provenance

Collection Lord Kenneth Clark of Saltwood (1903-1983), Londres
Collection particulière, par descendance (don de Lord Clark of Saltwood)
Vente Sotheby's, Londres, 2 juillet 1984, lot 33
Collection Jan Krugier, Monaco, JK 3910
Fondation Jan Krugier

Expositions

Kupferstichkabinett, Staatliche Museen zu Berlin - Preussischer Kulturbesitz, Berlin, Linie, Licht und Schatten. Meisterzeichnungen und Skulpturen der Sammlung Jan und Marie-Anne Krugier-Poniatowski, 29.05 - 01.08.1999, cat. 18, p. 50 ; reproduction couleur p. 51;

Peggy Guggenheim Collection, Solomon R. Guggenheim Foundation, Venise, The Timeless Eye. Master Drawings from the Jan and Marie-Anne Krugier-Poniatowski Collection,

03.09 - 12.12.1999, cat. 22, p. 58; reproduction couleur p. 59;

Museo Thyssen-Bornemisza, Madrid, Miradas sin Tiempo. Dibujos, Pinturas y Esculturas de la Coleccion Jan y Marie-Anne Krugier-Poniatowski, 02.02 - 14.05.2000, cat. 23 , p. 76 ; reproduction couleur p. 77;

Musée Jacquemart-André, Paris, La Passion du dessin. Collection Jan et Marie-Anne Krugier-Poniatowski, 19.03 - 30.06.2002, cat. 25, p. 74 ; reproduction couleur p. 75;

Kunsthalle der Hypo-Kulturstiftung, Munich, Das Ewige Auge - Von Rembrandt bis Picasso. Meisterwerke aus der Sammlung Jan Krugier und Marie-Anne Krugier-Poniatowski, 20.07 - 07.10.2007, cat. 27, p. 70 ; reproduction couleur p. 71 (ill. couleur du verso p. 70).

Notes

Le dessin joue un rôle très important dans la conception que le sculpteur Bandinelli a de son art. Ses succès, en ce domaine, lui ont valu l'admiration de tous, y compris de ses détracteurs, dont le plus célèbre est son élève, Giorgio Vasari.

La feuille Krugier-Poniatowski [Fondation Jan Krugier] présente la technique la plus caractéristique du maître. Au verso, après des contours fins et quelque peu hésitants, on trouve de longues hachures parallèles, exécutées de manière assurée. A certains endroits, les contours sont renforcés par un trait plus épais alors que les ombres sont augmentées par de courts traits superposés, en diagonale. Des parties sont laissées vierges de tout trait entre deux zones de hachures, ce qui crée un contraste, caractéristique de Bandinelli. La décision de cacher le bras droit de la vue se retrouve dans d'autres dessins. Sur le recto, les contours sont dessinés de manière plus assurée et les hachures exécutées avec une verve inégalée. De petits crochets marquent la fin de la course de la plume sur le papier, créant un effet de zigzag. Comme au verso, de longues courbes enveloppent les formes, particulièrement dans les feuilles plus tardives. Il est certain que l'artiste donne la préséance à sa virtuosité par rapport au rendu fidèle de l'objet, ce qui entraîne parfois un style plus mécanique. Dans certains cas, les contours tout en courbes deviennent plus anguleux.

La figure du recto se retrouve de manière inversée sur une feuille au British Museum (inv. 1895-9-25-551) avec quelques variantes et sur un dessin conservé au Cabinet des dessins du Louvre (Ciardi Dupré, 1966, pp. 159-61). Ciardi Dupré le place dans le contexte du projet de décor pour le torrione du Castel Sant'Angelo. La pose de la jambe de l'homme assis associe les éléments du dessin de Londres et, a contrario, de la feuille Krugier-Poniatowski [Fondation Jan Krugier] qui peut être considérée comme une étude préparatoire. La pose correspond en tous points aux détails du dessin du Louvre, à l'exception de la jambe avant pliée en arrière. Néanmoins, il est encore plus intéressant de noter que, grâce au dessin du Louvre on ait pu comprendre la signification de l'attitude vacillante du jeune homme au verso. C'est évidemment une étude préparatoire pour l'archange Michel qui, au Castel Sant'Angelo, triomphe des autres personnifications du vice. La position correspond parfaitement si on tient compte du fait qu'un modèle vivant ne peut pas voler. La feuille Krugier-Poniatowski [Fondation Jan Krugier] a dû être exécutée au début de la carrière de l'artiste, c'est-à-dire vers 1530, ce que confirment les caractéristiques stylistiques. Saint Michel, (autre élément passé sous silence par Ward), doit beaucoup à l'art de Michel-Ange, que Bandinelli ne copie jamais littéralement. En faisant abstraction des bras, l'ange est l'écho du faune dansant du Cabinet des dessins du Louvre (inv. 697; cf Tolnay, 1975-1980, n° 69r). La position des jambes de cette personnification du vice se retrouve sur un dessin d'Oxford, inspiré par le camée antique Diomède de la collection Médicis (cf. Parker, n° 292 et Tolnay, n°18r). Dans le cas du Lazare que Michel-Ange dessine pour le maître-autel de Sebastiano vers 1517-1519 (The National Gallery, Londres), la jambe frontale est détendue, mais le bras est dirigé vers l'arrière le long du torse (esquisse préparatoire, The British Museum, inv. 1860-7-14-1; cf. Tolnay 1975-1980, n°77r); le bras diffère aussi sur les dessins de Bayonne et de Londres (ibid., n°75-6). Le personnage ressemble davantage à celui du célèbre dessin, ayant une date ultérieure, peut-être postérieure à celui de Bandinelli, que Vasari connaissait sous le nom Le Rêve (collection Seilern; cf Tolnay, 1975-1980, n° 333).

On retrouve une position identique des jambes dans les sculptures antiques tel le Faune Barberini. L'existence de ces modèles, partagés par Bandinelli et ses contemporains, explique que la même pose illustre une copie d'après une composition tardive par le Parmesan, conservée à Édimbourg (Popham 1971, p. 233, pl. 410). Le rôle vital joué par les inventions, dans le cercle de Michel-Ange est souligné par deux autres dessins qui présentent des variantes de ce torse et de ce bras (cf. Tolnay, 1975-1980, n° 97r, 144r).

Matthias Weniger, Musée Jacquemart-André, Paris 2002, p. 74

Demande d'information/de prêt

La Fondation Jan Krugier se consacre au rayonnement de la collection de dessins en prêtant régulièrement des œuvres pour des expositions. Les demandes de prêt devront comporter une présentation complète du projet.